Les personnes atteintes de maladies chroniques risquent d’en payer le prix !

Depuis le 1er janvier 2026, une modification importante de la législation relative à l’incapacité de travail est entrée en vigueur. Peu médiatisée, cette réforme risque pourtant d’entraîner des conséquences très concrètes pour de nombreux travailleurs, particulièrement ceux qui vivent avec une maladie chronique.

Jusqu’à présent, lorsqu’un travailleur reprenait le travail après une période de maladie et retombait ensuite en incapacité pour la même affection, un nouveau droit au salaire garanti pouvait s’ouvrir après seulement 14 jours de reprise du travail. Depuis le 1er janvier 2026, ce délai a été allongé à huit semaines. Concrètement, si une personne retombe en incapacité de travail pour la même cause médicale dans les huit semaines qui suivent sa reprise, cette absence est désormais considérée comme une « rechute » et n’ouvre plus automatiquement un nouveau droit au salaire garanti à charge de l’employeur.

Une mesure présentée comme un soutien au retour au travail

Cette réforme s’inscrit dans le cadre d’une politique fédérale visant à renforcer le retour au travail des personnes en incapacité. Selon les autorités, l’objectif est notamment d’éviter la multiplication des périodes de salaire garanti lors d’absences répétées liées à une même pathologie.

Si la mesure peut apparaître neutre sur le papier, ses effets risquent d’être très différents selon les réalités vécues par les travailleurs.

Pour de nombreuses personnes vivant avec une maladie chronique, le parcours professionnel est rarement linéaire. Les périodes d’amélioration alternent avec des épisodes d’aggravation ou encore des complications imprévisibles.

Pensons par exemple aux personnes atteintes de sclérose en plaques, de fibromyalgie, drépanocytose et bien d’autres. Dans ces situations, reprendre le travail pendant quelques semaines ne signifie pas toujours que la maladie est stabilisée pour une longue période.

Or, avec le nouveau délai de huit semaines, une personne qui fait l’effort de reprendre rapidement son activité professionnelle pourrait être pénalisée si son état de santé se dégrade à nouveau peu après sa reprise. La nouvelle incapacité sera considérée comme une rechute et l’employeur ne devra plus verser un nouveau salaire garanti.

Un risque accru de précarisation

Certes, la personne concernée ne se retrouve pas sans revenu puisque la mutualité continue d’intervenir dans le cadre de l’assurance maladie-invalidité.

Cependant, les indemnités versées par la mutualité sont généralement inférieures au salaire habituel. Pour de nombreux ménages, cette différence peut représenter une perte financière significative, surtout lorsque les rechutes se répètent. Ils doivent aussi gérer des démarches administratives répétées auprès de leur mutualité lorsqu’une nouvelle incapacité survient.

Cette réforme crée ainsi une situation paradoxale : les travailleurs souffrant de maladies chroniques sont encouragés à reprendre le travail, mais ils prennent désormais davantage de risques financiers s’ils doivent s’arrêter à nouveau dans les semaines qui suivent.

L’allongement du délai de rechute à huit semaines repose sur l’idée qu’une personne doit démontrer une reprise durable avant qu’une nouvelle incapacité puisse être considérée comme un nouvel épisode ouvrant un droit complet au salaire garanti.

Mais cette logique ne tient pas toujours compte des spécificités des maladies chroniques, dont l’évolution est souvent instable et indépendante de la volonté de la personne concernée.

Dès lors, une question mérite d’être posée : une mesure identique pour tous est-elle réellement équitable lorsqu’elle produit des effets plus lourds pour certaines catégories de travailleurs ?

Le risque aujourd’hui est clair : ce qui est présenté comme une simplification du système pourrait, dans les faits, accroître la pression financière pesant sur des travailleurs déjà confrontés quotidiennement aux conséquences de leur état de santé.

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