Lilian HORNER | 21 septembre 2026

Du SOPK au SMOP : un changement de nom pour une meilleure reconnaissance d’une maladie chronique invisible ?

Bien que touchant une partie importante de la population féminine, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) demeure aujourd’hui une pathologie largement méconnue. Longtemps présenté comme un trouble principalement gynécologique lié à la présence de « kystes » ovariens, il recouvre pourtant une réalité bien plus complexe. Cette maladie chronique peut entraîner des perturbations hormonales, métaboliques, reproductives et psychologiques qui influencent durablement la qualité de vie des personnes concernées. Or, nombre de ses manifestations restent peu visibles et sont parfois minimisées, retardant ainsi le diagnostic, la compréhension de la maladie et la mise en place d’un accompagnement adapté.

En mai 2026, à l’issue d’un vaste processus de concertation internationale associant des chercheurs, des professionnels de santé et des personnes concernées, le terme SOPK a été remplacé par celui de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Ce changement vise à mieux refléter le caractère multisystémique de la pathologie et à dépasser une appellation jugée réductrice et source de confusion. En mettant davantage l’accent sur les dimensions hormonales et métaboliques de la maladie, cette nouvelle dénomination cherche à favoriser une meilleure connaissance de ses mécanismes et de ses conséquences au quotidien.

Au-delà de la question médicale, cette évolution interroge également le rôle des mots dans la reconnaissance des réalités vécues. Nommer une maladie, c’est aussi contribuer à définir la manière dont elle est perçue socialement, comprise par les professionnels et vécue par les personnes concernées. Dans le cas du SMOP, le changement de terminologie ouvre ainsi une réflexion plus large sur la visibilité des maladies chroniques invisibles et sur la légitimation de leurs impacts parfois importants sur la participation sociale.

Dès lors, comment le passage du SOPK au SMOP contribue-t-il à une meilleure reconnaissance d’une maladie chronique invisible et de ses impacts sur la vie quotidienne ? Pour répondre à cette question, nous reviendrons d’abord sur les raisons qui ont conduit à ce changement de nom, avant d’examiner ce qu’il révèle des difficultés vécues par les personnes concernées et des enjeux plus larges liés à la reconnaissance des maladies chroniques invisibles.