Lilian Horner | 10 juillet 2026
Inclusion et réforme scolaire : quels effets pour les élèves à besoins spécifiques ?
Depuis la mise en vigueur du Pacte pour un Enseignement d’excellence en 2017, l’enseignement obligatoire en Belgique francophone fait l’objet d’une réforme structurelle d’ampleur. Cette réforme vise principalement à améliorer la qualité globale de l’enseignement, à réduire les inégalités scolaires et à renforcer la maîtrise des apprentissages fondamentaux pour l’ensemble des élèves.
L’un des axes majeurs de cette réforme est la mise en place d’un tronc commun étendu jusqu’à la troisième année du degré secondaire (S3), applicable progressivement à partir de la rentrée 2026 pour la première secondaire. Dans cette logique, les élèves suivent un parcours commun plus long, sans orientation précipitée vers des cursus différenciés, afin de retarder les choix de filières et de garantir à tout le monde une base commune de compétences.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la suppression de la première année différenciée (1D). Jusqu’à présent, la 1 D constituait un dispositif spécifique destiné principalement aux jeunes n’ayant pas obtenu le Certificat d’études de base (CEB) ou présentant des difficultés scolaires importantes, parmi lesquels figuraient des élèves issus de l’enseignement individualisé ou spécialisé en primaire. Cette année visait à offrir, quand c’est nécessaire dans le parcours scolaire de l’élève, un passage progressif vers l’enseignement secondaire dit “ordinaire”. Le but de cette transition est de consolider les acquis (français, mathématiques et éveil) ainsi que l’accompagnement pédagogique pour la suite du parcours scolaire.
La suppression de la 1 D s’accompagne d’un changement de cadre : les élèves concernés sont désormais intégrés directement en première secondaire dite commune, avec la mise en place de dispositifs d’accompagnement pédagogique personnalisé et de suivi individualisé. Cette orientation s’inscrit dans une détermination, via le Pacte pour en Enseignement d’excellence, de promouvoir une école plus inclusive, où les difficultés scolaires sont prises en charge au sein même de la classe ordinaire plutôt que par des structures séparées.
