Joséphine Paquot | 26 juin 2026

Ce que la méconnaissance du mot « validisme » dit de notre société

Le validisme. C’est une terminologie que nous employons souvent au sein d’Esenca, en tant qu’association qui défend le droit des personnes en situation de handicap, atteintes de maladie grave, chronique ou invalidante. Nous l’entendons par ailleurs fréquemment lorsque nous participons à des évènements en lien avec la thématique du handicap. Par contre, une fois que nous sortons de cette sphère d’actrices et acteurs concernés par le handicap, le mot « validisme » a bien moins de résonance et doit très souvent être expliqué.

Pourtant, les mots ne sont pas neutres, en ce qu’ils représentent notamment un levier permettant de rendre visible ou non certaines réalités sociales. Les mouvements militants ont donc fréquemment recours à des néologismes pour encourager des changements politiques.

Le fait que le validisme soit encore trop peu répandu dans le langage courant ne nous indique-t-il pas que notre société est loin d’avoir conscience de ses biais ? Le validisme étant une construction sociale, ne pas reconnaître cette dernière ni la discuter dans les débats publics n’est-il pas un aveu du manque de connaissance des réalités sociales qui se cachent derrière ce mot ? C’est ce que nous pensons. En comprenant les stéréotypes et préjugés qui découlent du validisme, nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans la déconstruction de ce système social et dans la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes en situation de handicap. Ainsi, l’explication de ce qu’est le validisme nous apparait à ce jour fondamentale : pour lutter contre un fait, il faut d’abord le nommer. Comme disait Albert Camus, insistant sur la responsabilité morale du langage : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde ». Par cette analyse, nous saisissons l’occasion de comprendre l’origine du mot « validisme », sa définition, mais aussi l’importance de répandre son utilisation. En nous penchant sur le validisme, nous comprenons que celui-ci touche tous les aspects du quotidien. Or, déconstruire un système de domination ne peut se faire sans une compréhension claire de celui-ci.